🧀 Le reblochon de Schrödinger
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Ce qui est fascinant avec les politiques commerciales américaines, ce n’est pas leur brutalité. C’est leur poésie. Car il faut un certain sens du tragique pour imaginer un système de calcul de tarifs douaniers basé sur… l’année précédente. Pas une moyenne, pas une tendance, non : un cliché instantané, comme si l’économie mondiale était une scène de crime à figer.
Résultat : les exportateurs suisses de montres et de fromages se retrouvent à payer 31% de droits de douane — parce que janvier a été un mois faste pour l’or. Oui, l’or. En 2024, une poignée de traders pressés d’anticiper d’éventuels tarifs ont expédié vers les États-Unis un volume massif de lingots estampillés « made in Switzerland ». Ce flux soudain a artificiellement gonflé les statistiques d’exportation helvétiques… et donné l’illusion que la Suisse vendait beaucoup trop aux Américains. D’où un tarif douanier punitif, appliqué à l’ensemble des biens suisses, des chronographes aux meules de gruyère.
Et justement, c’est le sujet de notre focus cette semaine : les montres. Parce que oui, le temps c’est de l’argent, mais parfois, c’est aussi une variable d’ajustement fiscal. Que la montre soit un placement statutaire ou un actif illiquide en quête d’enchères, elle n’échappe pas aux soubresauts du commerce mondial. Et quand une exportation d’or fait monter la facture des poignets, on comprend vite que même l’horlogerie n’est plus à l’heure suisse.
Mais en réalité, le problème, ce n’est pas que les États-Unis appliquent des règles absurdes. C’est qu’ils croient encore aux solutions simples. Une équation, un chiffre, un tarif. Alors que le monde ressemble de plus en plus à une immense meule d’emmental : plein de trous, mais structurée. À condition de ne pas percer les mauvais.
Bonne semaine !
M. Hantale


The SeaCleaners : un nouveau cap en Suisse !
Depuis 2024, The SeaCleaners fait évoluer sa gouvernance et son ancrage en transférant son siège en Suisse.Ce changement stratégique renforce sa capacité à agir sur la scène mondiale pour protéger les océans et les milieux aquatiques de la pollution plastique.
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Située au cœur de l’Europe, la Suisse offre un cadre idéal pour structurer et développer des actions concrètes en toute transparence, grâce à son environnement institutionnel stable et son écosystème d’acteurs engagés pour la préservation de l’environnement.Ensemble, réduisons la pollution plastique à la source.

A la une
- 🇨🇭 Commerce– La Suisse a été frappée par un droit de douane de 32 % sur ses exportations vers les États-Unis, bien au-delà des 20 % imposés à l’UE.
- 🇫🇷 Fiscalité – Les impôts de production ont atteint 106 Md€ en 2023, soit 3,8 % du PIB, un niveau deux fois supérieur à la moyenne européenne.
- 🇪🇺 Récession – Goldman Sachs relève à 45 % la probabilité d’une récession aux États-Unis, après l’imposition de nouvelles taxes sur les partenaires commerciaux.
Économie & finance
- 🌐 Devises – Yen, franc suisse et dollar s’envolent alors que les marchés fuient le risque après les nouvelles salves tarifaires de Trump.
- 🇨🇭 Devises – Le franc suisse bondit de 1,7 % face au dollar depuis vendredi, selon les analystes, un des meilleurs remparts contre les effets des tarifs Trump.
- 🇪🇺 Bourses – Le Stoxx 600 chute de 6,5 % et atteint son plus bas niveau depuis janvier 2024, emporté par la panique liée à la guerre commerciale déclenchée par Trump.
- 🌍 Bourses – En trois jours, les Bourses mondiales ont perdu 9 500 Md$, et le VIX a bondi à 60, son plus haut niveau depuis août.
- 🌍 Énergie – Le baril de Brent chute à 63,48 $, son plus bas niveau depuis 2021, plombé par la guerre commerciale américaine et la hausse inattendue de la production de l’OPEP+.
- 🇺🇸 Taux – Face aux risques de récession, les marchés anticipent désormais une baisse des taux de la Fed dès mai, avec 100 points de base attendus d’ici fin 2025.
Suisse
- 🇨🇭 Bourse – Le SMI a chuté de 5,1 % vendredi, une baisse comparable aux grands chocs boursiers de ces 20 dernières années.
- 🇨🇭 Diplomatie – Berne envisage des mesures après une taxe punitive de 32 % imposée par Washington, dénonçant une rupture avec le droit international.
- 🇨🇭 Immigration – Les syndicats suisses se mobilisent contre l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! », estimant que limiter la libre circulation menacerait l’attractivité du pays pour les travailleurs qualifiés.
- 🇨🇭 Éducation – L’Université de Genève étend son centre scientifique, le Scienscope, en investissant 41M CHF dans l’achat et l’aménagement d’un immeuble actuellement détenu par la RTS.
- 🇨🇭 Montres – Les tarifs américains sur les montres suisses (31 %) dopent la demande pour les modèles de seconde main, considérés par certains acheteurs comme plus sûrs que l’or ou le bitcoin.
- 🇨🇭 Innovation – Fabas Foods, Yuon Control et Emissium sont les finalistes du Prix SUD 2025, qui récompense la start-up durable de l’année.
- 🇨🇭 Ski – À 23 ans, la Grisonne Selina Egloff décroche son premier titre national en slalom à Saint-Luc. Marc Rochat également.
- 🇨🇭 Curling – La Suisse s’incline 5-4 en finale des Mondiaux face à l’Écosse et repart avec la médaille d’argent.
- 🇨🇭 Gastronomie – La Suisse reprend son bien : Martigny explose le précédent record français avec près de 5000 personnes pour la plus grande raclette au monde.
Europe
- 🇫🇷 Fiscalité – Bercy envisage d’abaisser le plafond du quotient familial pour financer des baisses d’impôts ciblées, impactant les foyers les plus aisés.
- 🇫🇷 Retraites – La réforme de 2023 ne suffira pas : selon le COR, le système français restera déficitaire sur toute la période 2023-2070.
- 🇫🇷 Présidentielle – Gabriel Attal a tenu un grand meeting à Saint-Denis, affirmant son ambition pour 2027 malgré la concurrence d’Édouard Philippe.
- 🇫🇷 Fraude – Le Sénat examine une proposition de loi visant à lutter contre la fraude aux aides publiques, ciblant notamment les rénovations énergétiques et les C2E, pour un gain espéré de 1,6 Md€.
- 🇪🇸 Politique – La droite espagnole domine dans les intentions de vote avec 32,6 % pour le PP et 14,1 % pour Vox, tandis que la gauche radicale chute sous les 9 %.
- 🇩🇪 Défense – Les valeurs de défense s’effondrent malgré leur bonne performance annuelle : Rheinmetall 🇩🇪 perd 10 %, Hensoldt 🇩🇪 recule de 12 %.
- 🇩🇪 Immobilier – Les prix de l’immobilier ancien ont chuté de 8,4 % en 2023, du jamais vu depuis plus de 60 ans.
- 🇬🇧 Exil fiscal – La suppression du statut de non-dom pousse les ultra-riches à fuir le Royaume-Uni : plus de 10.000 millionnaires partis en un an.
Amériques & Asie
- 🇺🇸 Marchés – Wall Street a connu sa pire semaine depuis la pandémie, et les bourses mondiales plongent après le refus de Donald Trump d’assouplir ses tarifs douaniers.
- 🇨🇳 Diplomatie – Pékin appelle les entreprises américaines à s’opposer publiquement aux tarifs douaniers imposés par Washington.
- 🇨🇳 Bourse – L’indice Hang Seng a chuté de 13% en une journée, sa plus forte baisse du siècle, sur fond d’escalade commerciale initiée par Trump.

Valeur temps vs. valeur refuge
Chaque crise réveille les mêmes réflexes. Acheter de l’or. Se méfier du dollar. Et depuis peu : investir dans une montre suisse. Le geste est élégant, l’objet tangible, la promesse rassurante. Un actif de luxe qui traverse le temps. Mais derrière cette image flatteuse, la réalité est plus sinueuse qu’il n’y paraît.
Oui, certaines références voient leur prix flamber. Oui, les enchères battent des records et certaines Patek Philippe s’arrachent à plusieurs centaines de milliers d’euros. Et oui, début 2025, Rolex 🇨🇭 a encore augmenté ses prix catalogue de près de 10 %, avec des hausses à deux chiffres sur les modèles en or. De quoi alimenter la légende d’un actif indestructible.
Mais attention à ne pas confondre quelques modèles-icônes et l’ensemble du marché horloger. La réalité, c’est que la spéculation ne touche qu’un très petit nombre de montres, souvent difficiles d’accès et réservées à des acheteurs très informés. Pour les autres, le marché reste opaque, irrégulier, et peu liquide. Il n’existe aucune cote officielle centralisée, peu d’indicateurs de performance agrégée, et la valeur de revente dépend plus du réseau que du modèle. On est loin des standards d’une classe d’actifs structurée.
Le marché de l’occasion, lui, connaît une agitation inédite. Boosté par la digitalisation, nourri par la pénurie du neuf, et récemment dopé par la hausse des droits de douane américains sur les montres suisses (+31 %), il attire à nouveau les regards. Certains clients, selon Bloomberg, n’hésitent plus à se déplacer à Genève pour acheter en direct. D’autres liquident leurs collections pour générer du cash. Résultat : les plateformes spécialisées achètent à tour de bras pour constituer du stock — par centaines d’unités. On parle d’engouement, mais c’est surtout une nervosité de marché.
Derrière tout cela, il reste un fait indéniable : la montre suisse reste une réussite industrielle. L’horlogerie représente près de 10 % des exportations nationales. Elle emploie plus de 60 000 personnes. Et sa domination mondiale en valeur repose sur autre chose qu’un effet de mode : rigueur, innovation, tradition. Mais ce qui fait la solidité du produit ne garantit pas celle de son prix.
Alors, la montre est-elle une valeur refuge ? Pour quelques initiés, sur quelques références, dans certaines conditions très particulières — peut-être. Mais pour le reste ? C’est un marché d’initié, sans profondeur, où l’information est parcellaire, les prix mouvants, et la revente incertaine. Un actif qui exige du flair, du temps et un bon carnet d’adresses.
Il n’est pas interdit d’acheter une montre comme investissement. Mais il faut le faire en connaissance de cause : pas parce qu’on a lu quelque part que la Nautilus est meilleure que le Bitcoin, mais parce qu’on sait ce qu’on achète. Ce n’est pas la montre qui ment. C’est le marché qui enjolive.